Cela devient une (mauvaise) habitude que d’être en retard dans la publication de mes illustrations photographiques des thèmes, toujours très intéressants, proposés par Ma. Il y trois et deux semaines, nous était demandé d’illustrer, en photo, les thèmes des fruits et de l’artisanat.
Je n’ai pas eu à aller bien loin pour trouver l’inspiration afin de mettre en images « les fruits ». L’automne pointant, alors, le bout de son nez, les fruits de saison s’épanouissaient dans les frondaisons de leurs « tuteurs ». Par contre, que choisir? Ce fut cornélien pommes, châtaignes ou lierre? Finalement, ce sera les trois.
D’autres « fruits » dans les commentaires chez Ma… clic.
Pour illustrer le thème de l’artisanat, j’ai puisé dans mes archives, notamment celles d’une visite à La Gacilly. Nous apprécions l’annuelle exposition photographique et nous nous y rendons, presque, chaque année. J’ai choisi l’emblème d’une boutique d’art et d’artisanat: un magnifique bouquet de coquelicots en fer forgé.
D’autres regards sur « l’artisanat » dans les commentaires chez Ma. Clic.
J’adore les pièces de théâtre de William Shakespeare, qu’il s’agisse de comédies ou de tragédies. Chaque lecture est pour moi un absolu régal et, dès qu’une représentation d’une pièce du grand Will est proposée par le théâtre de ma ville, je fonce ! Il y a trois mois, je découvrais «Hamnet» de Maggie O’Farrell, un roman prenant et émouvant autour de la famille de Shakespeare. Alors, lorsque Babelio m’a proposé la lecture de la BD « Falstaff », j’ai évidemment postulé… et j’ai eu la joie de recevoir l’ouvrage.
Mais qui est donc Falstaff ?
Wikipédia le décrit comme « Sir John Falstaff , un personnage comique de fiction créé par William Shakespeare et apparaissant dans les deux parties de Henry IV, ainsi que dans Les Joyeuses Commères de Windsor.» Le dramaturge en a fait l’archétype du noble bouffon : perpétuellement affamé de nourriture et d’aventures charnelles, hâbleur, vantard, souvent vulgaire, toujours amuseur, menteur comme un arracheur de dents et, très souvent, lâche.
Et pourtant… impossible de ne pas l’aimer !
Car Falstaff est tout sauf un idiot. Derrière ses rodomontades et ses mensonges, il possède un véritable talent pour se tirer des situations les plus périlleuses. Il sait mener sa barque malgré les écueils et les obstacles, et surtout, il possède une arme redoutable : son esprit. Avec lui, une défaite devient une victoire éclatante, une fuite un acte de bravoure et la moindre escarmouche un combat de titans dont il sort, évidemment, triomphant !
Dans cette BD, Pierre Boisserie et Goho ont conservé le style du « grand Will » ainsi que le déroulé des apparitions hautes en couleur de notre Falstaff et les péripéties rocambolesques dans lesquelles il se fourvoie. Nous suivons notamment le jeune Prince de Galles, futur Henry V, dont Falstaff est en quelque sorte le précepteur… mais un précepteur bien peu recommandable ! Il accompagne joyeusement le jeune homme dans les lieux de débauche du célèbre quartier londonien d’Eastcheap, fréquentant les auberges douteuses bien davantage que les champs de bataille.
Et c’est là que Falstaff excelle !
Chaque aventure devient sous sa plume une geste héroïque, chaque coup porté un exploit extraordinaire, chaque fuite une manœuvre savamment calculée. Il transforme la réalité à grands renforts d’exagérations grand-guignolesques et de rodomontades, pour notre plus grand plaisir. Cela pourrait être agaçant, voire horripilant. Mais non. Bien au contraire, on s’attache à ce drôle de chevalier bedonnant qui, en contrefaisant la monarchie et la noblesse, finit par les révéler telles qu’elles sont : pas tellement différentes du menu peuple qu’elles méprisent.
C’est peut-être là que réside une des plus grandes réussite créative de Shakespeare. Falstaff est grotesque, excessif, menteur et lâche, mais il possède une liberté de parole et une capacité à tourner le monde en ridicule qui le rendent terriblement vivant. On comprend alors le succès incroyable de ce personnage, sans doute l’une des plus belles réussites comiques du dramaturge.
Falstaff est le protégé du jeune Prince de Galles, qui ne se prive pourtant pas de le faire tourner en bourrique en lui jouant des tours pendables. Et c’est un véritable bonheur de suivre leurs échanges, leurs mensonges croisés et leurs récits toujours plus invraisemblables. Le point d’orgue de la farce arrive lorsque Falstaff se trouve confronté aux témoins d’une scène bien réelle. Même pris au piège, notre rondelet chevalier parvient encore à s’en sortir par une pirouette confondante de hâblerie. C’est sa nature : il ne peut s’empêcher de transformer la réalité pour mieux la raconter.
Mais tout cela ne pouvait pas durer éternellement.
Lorsque le roi Henry IV meurt et que le Prince de Galles devient Henry V, Falstaff devient soudain l’homme de trop. Pourquoi s’encombrer d’un boulet, aussi drôle soit-il, lorsque l’on doit abandonner les excès d’une jeunesse délurée pour revêtir l’habit d’un monarque ? Le futur roi doit désormais penser politique, pouvoir et guerre. Il sera celui qui remportera la bataille d’Azincourt. Falstaff, lui, appartient à une autre époque : celle des tavernes, des beuveries, des mensonges et de cette liberté joyeuse qui accompagne encore l’adolescence du prince.
Et là, j’ai eu de la peine pour lui.
Après l’avoir suivi dans ses aventures, après avoir ri de ses vantardises et de ses invraisemblables exploits, le voir ainsi rejeté au nom du principe de réalité politique m’a touchée. Le pouvoir n’a décidément pas beaucoup d’humour lorsqu’il s’agit de faire le ménage dans les vestiges d’une jeunesse encombrante… Sa fin, dans la BD, sera toutefois à la hauteur du personnage, sans jamais l’amoindrir. Falstaff reste Falstaff jusqu’au bout, fidèle à lui-même et à cette démesure qui fait tout son charme.
J’ai également beaucoup aimé le style des illustrations. Elles mettent parfaitement en valeur la geste de notre héros, mais aussi le caractère du jeune Prince de Galles, inconstant et inconséquent, aussi menteur que son précepteur en débauche.
Et puis il y a les petites saynètes en arrière-plan, qui donnent vie au quotidien et fourmillent de détails. J’ai particulièrement aimé le personnage, fugace mais tellement attachant, du jeune page envoyé au service de Falstaff. Avec ses poses, ses mimiques et ses expressions, il est à la fois drôle et attendrissant. Il prend parfois fait et cause pour son maître, râle lorsqu’il doit vider son pot de chambre et jubile lorsque Falstaff se lance dans ses grandiloquences abracadabrantesques. Un petit personnage secondaire qui m’a beaucoup amusée et qui apporte encore un peu de légèreté à cette histoire déjà truculente.
« Falstaff » a été pour moi une lecture joyeuse, drôle et pleine de vie. Une BD qui m’a permis de retrouver Shakespeare sous un angle différent et qui, surtout, m’a donné une immense envie de retourner aux sources et de lire les pièces dans lesquelles apparaît ce personnage aussi hâbleur qu’attachant.
Une belle découverte… et un nouveau rendez-vous avec « le grand Will » en perspective !
Je remercie Babelio et les éditions Delcourt pour cette joyeuse lecture.
Trois semaines se sont déjà écoulées depuis la rentrée des classes. Il est donc temps pour moi d’en parler… et quel meilleur moyen que de passer par un album jeunesse que je lis à mes petits élèves, pour qui cette rentrée est aussi une toute première fois à l’école ?
«C’est la rentrée», écrit et illustré par Ella Charbon, est un album particulièrement bienvenu en cette période parfois angoissante pour les tout-petits. Car entrer à l’école, lorsqu’on n’y a encore jamais mis les pieds, c’est tout de même une sacrée aventure ! On quitte maman ou papa pour se retrouver dans un univers immense et inconnu, entouré d’adultes que l’on ne connaît pas et d’enfants que l’on n’a jamais vus. Il y a de quoi avoir un peu, beaucoup… voire énormément peur ! Alors, pour apprivoiser cette grande aventure, Ella Charbon nous propose de suivre une joyeuse troupe d’animaux qui avance vers l’école en s’encourageant les uns les autres.
Et manifestement, ils ne sont pas tous aussi enthousiastes !
Les uns ont encore sommeil et espèrent bien pouvoir faire la sieste. Les autres pensent déjà au repas et rêvent de frites à midi. Parce que des frites le premier jour d’école, ça rassure et ça réconforte ! Au diable la diététique, surtout quand on a besoin d’un petit plaisir pour affronter l’inconnu ! D’autres chantonnent déjà tout ce qui est formidable à l’école : se faire de nouveaux copains, participer à plein d’activités intéressantes, découvrir de nouvelles choses…
Mais dans la troupe, il y en a un qui traîne franchement les pieds. C’est un éléphant tout triste. Qu’a-t-il ? Il a peur. Ahhh là là là… Qu’à cela ne tienne ! Ses copains ne vont pas le laisser tout seul avec son inquiétude. Ils ont des idées pour lui faire passer cette peur. Alors, tout le monde avance en sautant. Et l’on imagine aussitôt le concours endiablé de nos petits loustics : qui sautera le plus haut ? Qui ira le plus loin ? La peur semble déjà un peu moins lourde lorsqu’on peut la transformer en jeu.
Un peu plus loin, la troupe s’arrête pour prendre des nouvelles de l’éléphant. Il va mieux… même s’il a encore « un tout petit peu peur ». Alors les copains proposent une nouvelle idée : et s’ils allaient à l’école en volant ? Et voilà que la tristesse et l’angoisse laissent place aux sensations merveilleuses de l’imagination. On vole, on s’envole, on oublie tout… et l’éléphant n’a plus peur. Mieux encore : il rit de bon cœur ! Toute la troupe finit par arriver en glissant devant l’école. C’est l’heure ! On se dépêche !
La dernière illustration nous montre des enfants, cartable sur le dos, avec leurs doudous qui dépassent fièrement. Une image toute simple mais qui dit beaucoup : ils sont arrivés. Ils ont franchi la porte de l’école avec leurs peurs, leurs envies, leurs doudous et tout ce petit monde intérieur qu’ils emportent avec eux. C’est précisément ce qui me plaît dans cet album.
«C’est la rentrée» permet aux très jeunes enfants de comprendre que leur peur et leur angoisse sont naturelles. Il n’y a aucune honte à traîner des pieds pour rejoindre un lieu immense, rempli d’inconnus qui, bientôt, ne le seront plus. Il n’y a aucune honte non plus à avoir envie de retrouver maman, à pleurer, à s’accrocher à son doudou ou à ne pas avoir très envie de franchir la porte. Au fil des lectures, les enfants peuvent ainsi apprivoiser ces émotions parfois très fortes, liées à la séparation et au saut dans l’inconnu.
L’album constitue une jolie entrée littéraire pour aborder la toute première rentrée et préparer les petits à cette nouvelle étape. Car si certains peuvent voir l’école comme un nouveau mode de garde, ce n’est évidemment pas tout ce qu’elle représente. Et puis, il n’y a pas que les enfants qui sont angoissés par cette séparation : les parents aussi peuvent appréhender ce grand moment où leur petit commence à s’éloigner d’eux pour découvrir le monde.
L’école est pourtant une formidable ouverture. C’est là que l’enfant va peu à peu découvrir de nouvelles possibilités d’agir sur son environnement, enrichir son langage, effectuer ses premiers apprentissages et gagner progressivement en autonomie. Il va apprendre à faire seul, à vivre avec les autres, à trouver sa place dans un groupe et, petit à petit, à affirmer sa personnalité. Pour grandir et se construire, l’enfant doit apprendre à se séparer de ses parents. Cette étape demande plus ou moins de temps selon chacun. Certains franchissent le cap avec enthousiasme, d’autres ont besoin de davantage de temps et d’être sans cesse rassuré. Et c’est parfaitement normal.
Une fois la peur apprivoisée, un univers riche, nouveau et souvent très amusant s’ouvre alors devant eux. C’est pourquoi, même si l’inquiétude de l’enfant et celle de ses parents sont naturelles, il est essentiel que ces derniers puissent peu à peu lâcher prise et faire confiance aux adultes auxquels ils confient leur petit. L’enfant ressent cette confiance. Il perçoit l’apaisement de ses parents et, à son rythme, peut alors accepter la séparation.
« C’est la rentrée » englobe joliment tout ce processus émotionnel. Les illustrations simples, aux couleurs douces et pastel, participent pleinement à cette atmosphère rassurante. Le texte, lui aussi, trouve les mots justes pour parler de la peur sans la dramatiser, tout en montrant que l’on peut la dépasser grâce aux autres, au jeu et à l’imagination. Et puis, finalement, l’album nous rappelle une chose essentielle : l’école n’est pas seulement le lieu où l’on apprend. C’est aussi celui où l’on s’ouvre aux autres et au monde, où l’on se fait des copains, où naissent les premières amitiés et où l’on commence, petit à petit, à grandir loin de papa et maman.
Une jolie façon d’apprivoiser la rentrée, une émotion après l’autre… et de découvrir qu’après les larmes et les petits pas hésitants, à l’école, c’est chouette aussi !
L’été 2026, chez les « Classiques, c’est fantastique ! », se déroulait en Provence, en compagnie de Marcel Pagnol. J’ai choisi de me plonger dans sa trilogie des souvenirs d’enfance : « La Gloire de mon père », « Le Château de ma mère » et « Le Temps des secrets ».
Ce fut, pour moi, une plongée dans d’agréables souvenirs de lecture adolescente. Et quelle relecture ! Un véritable enchantement, chargé d’émotion, qui m’a ramenée dans une Provence qui, sous la plume de Pagnol, semble avoir échappé au temps.
Que dire qui n’ait déjà été dit au sujet de cette trilogie qui consacra un grand auteur ? Que dire, sinon que j’ai embarqué, grâce à la force évocatrice de sa plume, à la suite d’un jeune Marseillais au cœur d’une Provence qui fut et qui, hélas, n’est plus.
Du cocon familial, au centre duquel évoluent Joseph, l’instituteur, et Augustine, la timide coiffeuse qui se sent parfois toute petite face au savoir de son époux, jusqu’au temps de l’adolescence et du lycée, en passant par l’immense ode à l’amour maternel, Marcel Pagnol raconte une époque révolue. Une époque dont nous sommes nombreux à être nostalgiques : celle d’une enfance insouciante, joyeuse, rêveuse, audacieuse, accueillant le merveilleux à bras ouverts.
« La Gloire de mon père », ce sont les premières années d’école, puis les premières vacances à La Treille, une bastide isolée, véritable bout du monde pour le petit Marcel et sa famille. Le voyage depuis Marseille est déjà une aventure pour atteindre ce hameau perdu dans les collines provençales. C’est l’été au chant des cigales, les jeux parfois cruels d’enfants curieux du monde, l’imagination peuplée d’Indiens d’Amérique et de cow-boys. Ce sont les repas sous l’arbre de la cour, en compagnie de l’oncle Jules, de tante Rose, du Petit Paul et de la petite sœur.
C’est l’amitié avec Lili, fils de fermier et grand poseur de pièges. C’est surtout la première chasse, en compagnie de l’oncle Jules et de Joseph, avec la peur de Marcel d’assister à la déconfiture de ce père qu’il admire tant, pauvre novice face à son beau-frère aguerri, ce rouleur de « rrrrrr » venu du Roussillon. Et puis il y a la chasse à la bartavelle, transformée, grâce à l’infatigable pédagogue qu’est Joseph, en véritable dictée. Il y a surtout l’incroyable « coup du roi » réalisé par Joseph, au grand dam de l’oncle Jules.
Les parfums enivrants des collines embaument chaque souvenir, chaque scène, chaque journée d’un été que personne ne voudrait voir s’achever. Les émotions sont vives, à la hauteur des rêves d’enfant d’un Marcel ivre d’une liberté nouvelle. Tout est prétexte à vivre l’Aventure à fond, sans concession, sans entrave… Enfin, il y a tout de même quelques règles à respecter. Et c’est précisément ce qui donne encore plus de charme aux interdits lorsqu’ils sont joyeusement transgressés.
Puis, vient cette scène des adieux : Marcel, décidé à ne plus rentrer à Marseille, veut s’ensauvager définitivement au cœur des collines tant aimées. Lili, goguenard, se doute bien qu’une fissure apparaîtra dans la détermination de son ami. La rébellion s’achèvera dans l’ignorance feinte des parents, magnifique preuve d’un grand amour filial qui m’a profondément émue.
Avec « Le Château de ma mère », les souvenirs prennent les couleurs des séjours réguliers à La Treille, des marches de la famille chargée de balluchons encombrants. Augustine devient peu à peu un personnage central, même si cela ne saute pas immédiatement aux yeux. Sa santé fragile, sa bienveillance envers ses enfants, ses peurs et ses inquiétudes deviennent autant de fils conducteurs du récit.
Bouzigues, ancien élève de Joseph et piqueur du canal de Marseille, leur permet d’utiliser l’une de ses clefs afin de raccourcir le trajet en passant au pied de grandes propriétés privées. Augustine a constamment peur qu’ils soient découverts et arrêtés. Bien entendu, ce qui devait arriver arriva : un jour, un gardien un peu trop zélé et particulièrement rustre les surprend et les verbalise. Mais c’est sans compter sur la débrouillardise de l’ancien élève, qui a plus d’un tour dans son sac.
Marcel compte les semaines qui le séparent des premières vacances, celles de Noël. Il se languit de Lili et de leurs courses aux pièges, surtout après avoir reçu une lettre de son ami. Quelle belle scène que celle de la réponse de Marcel ! Dans un premier temps, le digne écolier, préparant son examen pour obtenir une bourse au lycée, rédige sa lettre avec application, sans faute d’orthographe ni de syntaxe. Puis il réalise soudain que son courrier paraît bien présomptueux, pompeux, presque condescendant face à la lettre de Lili, écrite en suant sang et eau, avec son cœur et son orthographe fantaisiste. C’est cela, l’amitié. Alors, Marcel réécrit avec des fautes d’orthographe, sur une page arrachée à son cahier d’écolier, avant de conclure par un magnifique pâté d’encre : « …je laissais tomber cette larme noire : elle éclata comme un soleil. »
Le temps passe, et le ton change. Le final est particulièrement intense en émotions. Un dîner fait surgir le souvenir d’Augustine, dont la mort surviendra quelques années plus tard. Cette mère qu’un des propriétaires, un noble bourru au grand cœur, apprécie tant, lui offrant à chacun de ses passages, à la belle saison, un bouquet de roses. Les souvenirs convoquent également le Petit Paul, devenu chevrier et resté fidèle aux collines provençales, ainsi que Lili, tombé dans les tranchées, « sur des touffes de plantes froides dont il ne savait pas les noms », lui qui connaissait par cœur chaque plante des collines. La poésie de l’enfance se teinte alors de la mélancolie du temps qui passe.
Enfin, « Le Temps des secrets » est celui de l’adolescence, qui éloigne Marcel des rivages merveilleux de l’enfance pour le rapprocher peu à peu de ceux de l’âge adulte. C’est le temps des premières amours, au rythme imposé par la très jolie Isabelle Cassignole, fillette aussi séduisante que cruelle, au point de presque éloigner définitivement Marcel de Lili. Avec bienveillance et humour, Augustine et Joseph aideront leur fils à y voir plus clair dans ses sentiments et à apprivoiser ses émois.
C’est aussi l’année de l’entrée de Marcel dans le secondaire, au lycée. Un autre monde lui ouvre ses portes, avec de nouvelles amitiés et de nouveaux savoirs. Le jeune Marcel apprend les nouvelles règles du lycée et surtout comment les contourner sans se faire punir. Il découvre la mixité, côtoie des élèves annamites venus d’Indochine et d’autres du Maghreb. Il rencontre également les enfants issus de la bourgeoisie, parfois méprisants envers les boursiers. Surtout, il y a cette formidable scène de la bagarre entre Marcel et Pégomas, qui a insulté le petit Oliva.
C’est avec une certaine nostalgie, même si je n’ai évidemment pas vécu ces années de lycée, que j’ai suivi Marcel dans son quotidien au Petit Lycée, l’équivalent de notre collège. Cette école n’existait plus lorsque j’étais moi-même collégienne, mais il en restait encore quelques traces, un parfum particulier, une atmosphère que tout collégien semble engranger, quelle que soit son époque. Le ton reste drôle, truculent, succulent, notamment grâce aux passes d’armes entre Jules et Joseph au sujet de la politique ou de la religion. C’est complètement immersif. Et ça fait un bien immense.
La trilogie des « Souvenirs d’enfance », ou une Provence retrouvée, a été pour moi un moment d’une fraîcheur absolue, alors même que la canicule sévissait. J’ai retrouvé Marcel, Lili, Augustine, Joseph, Paul, Jules et tous ces personnages qui semblent avoir traversé le temps sans prendre une ride. J’ai retrouvé les collines, les odeurs, les cigales, les parties de chasse, les petits bonheurs et les grandes émotions. Mais surtout, j’ai retrouvé cette merveilleuse capacité qu’a Marcel Pagnol à transformer les petits événements du quotidien en aventures extraordinaires. Il raconte l’enfance, mais aussi la famille, l’amitié, les premières amours, la transmission, le passage du temps et la perte. Peut-être est-ce cela qui rend cette trilogie aussi universelle : derrière les souvenirs de Marcel, chacun peut retrouver quelque chose de son propre passé, même lorsque les paysages, les époques et les enfances diffèrent.
Une relecture merveilleuse, tendre et profondément émouvante. Un grand plaisir de lecture.
La semaine dernière et cette semaine le Projet photo de Ma proposait d’illustrer le voyage et les étoiles.
Pour le premier, j’ai choisi une photo prise lors de mon mémorable séjour en Californie, qui illustre bien le voyage, notamment immobile: un cliché depuis un des hublots du transatlantique Queen Mary, immobilisé depuis sa « retraite » à Long Beach, Californie. La croisière continue à s’amuser lors des visites ou des haltes au restaurant du navire.
D’autres « voyage » dans les commentaires, chez Ma, clic.
Pour le deuxième, les étoiles, j’ai encore pioché dans mes archives californiennes. Quand on parle d’étoile(s), on pense ciel, astres, espace, constellations. Il existe des étoiles que l’on regarde en baissant les yeux sur le trottoir, et pas n’importe lequel: celui d’Hollywood Boulevard, à Los Angeles.
D’autres « étoile(s) » dans les commentaires, chez Ma, clic.
Il y a trois semaines, le Projet photo de Ma était en parfait accord avec ce que vivaient toutes les régions françaises: une chaleur accablante. Pour illustrer le thème chaud, j’ai fureté, une fois encore, dans mes archives. L’été 2023 fut chaud, certes, mais supportable. La preuve, je lisais à l’ombre d’un arbre, au frais (alors que cet été, ce fut irréalisable), « Le collier de la reine » d’Alexandre Dumas.
D’autres « chaud » dans les commentaires, chez Ma, clic.
En raison de la longue canicule qui a sévi en juillet et début août sur la Bretagne (ouf, depuis mercredi il repleut!) je n’ai pas vraiment eu l’occasion de me promener. Je restais au frais, à lire ou à tricoter. Pour illustrer le thème de Ville/Village proposé par Ma, j’ai fouillé dans mes archives photos et j’ai trouvé une jolie église d’un village de la Nièvre (ou de l’Allier, je ne me souviens plus) non loin de celui où un grand ami de mon monsieur s’est marié en août 2014. Nous logions dans un ancien presbytère, à côté de ladite église, qu’un charmant couple avait racheté pour faire des chambres d’hôte.
J’avais eu l’idée de photographier le village de Livarot, nous y étions de passage après le week-end du 15 août, hélas, l’église était en rénovation et la rue principale pas vraiment inspirante.
D’autres « Ville ou village » dans les commentaires, chez Ma: clic.
Dans son roman « L’inventeur », Miguel Bonnefoy nous fait découvrir le destin aussi extraordinaire qu’atypique d’Augustin Mouchot, fils de serrurier devenu professeur de mathématiques, fasciné par le soleil et son énergie.
Au milieu du XIXᵉ siècle, cet homme malingre, souffreteux, falot, timide et peu disert sur ses travaux a une idée de génie : utiliser l’énergie du soleil. Une énergie qu’il n’est nul besoin de creuser à mille pieds sous terre, une énergie disponible, abondante, à la portée de tous, pour peu que l’on sache la domestiquer grâce aux bons outils et aux bonnes machines.
À l’heure de la Révolution industrielle, le four solaire imaginé par Augustin Mouchot est pourtant un véritable OVNI scientifique que bien peu de personnes prennent réellement en considération. Pourquoi aller chercher l’énergie dans le soleil, si lointain, alors que la Terre offre généreusement ses trésors de charbon et de pétrole ? Et puis, pourquoi chercher à utiliser une énergie qui appartient à tout le monde ? Après tout, le soleil n’a pas de frontières…
Hormis lorsque l’on est en avance. Trop en avance sur son temps. C’est peut-être là le propre des génies incompris : avoir raison avant les autres et, parfois, être oubliés pour cette raison même.
La vie d’Augustin Mouchot a été semée d’embûches dès sa naissance. D’aucuns ne le voyaient pas survivre plus de quelques jours, voire quelques semaines. Il s’éteindra pourtant à l’âge honorable de quatre-vingt-sept ans, pauvre, reclus dans une chambre miteuse et aveugle, conséquence, entre autres malheurs, de son long séjour sous le soleil algérien. Son corps semble être un véritable piège à maladies. Il en contracte tant et plus sans pour autant y succomber, défiant, cahin-caha, les lois de la nature. Il avance néanmoins dans l’existence, plongé dans les manuels de mathématiques et les ouvrages scientifiques.
Augustin Mouchot n’est certes pas le premier à s’intéresser à l’énergie solaire, mais il est celui qui va tenter de donner une application concrète à ses recherches. Sa machine solaire, qu’il baptise Octave, devient peu à peu l’œuvre de sa vie. Il en fera une première démonstration, aussi pathétique que drôlement racontée par Miguel Bonnefoy, dans la cour de son lycée. Un aréopage de curieux est venu assister à l’expérience. Il faut cependant attendre que l’eau se mette à bouillir. Longtemps. Très longtemps. Le temps est nuageux. Puis pluvieux. Autant dire que le soleil n’est pas particulièrement disposé à aider son fervent défenseur… Les spectateurs finissent peu à peu par s’éclipser. La démonstration est un échec, mais le travail d’Augustin attire malgré tout l’attention d’un homme, un militaire, qui y voit une application particulièrement intéressante pour une armée appelée à évoluer dans des milieux hostiles. C’est ainsi qu’Augustin Mouchot partira pour l’Algérie, à la recherche d’un soleil plus généreux, afin de perfectionner et d’expérimenter son invention.
Son parcours le mènera jusqu’à l’Exposition universelle de Paris, où son invention suscitera la curiosité du public. C’est également à cette époque qu’il rencontre Abel Pifre, jeune Centralien qui semble être son exact opposé. Là où Augustin est effacé, timide et peu à l’aise avec les autres, Abel est rayonnant, sûr de lui et sait communiquer. Il sait surtout se vendre. Il comprend comment attirer l’attention du public et transformer une invention scientifique en véritable spectacle. Avec lui, Octave et ses machines dérivées vont connaître leur moment de gloire. Abel sait quoi dire et quoi faire pour susciter la curiosité. Il maîtrise déjà, pourrait-on dire, l’art de faire le « buzz ». Fin technicien, il est également capable de s’appuyer sur les inventions des autres pour améliorer et perfectionner celles d’Augustin. Il faut dire que le milieu du XIXᵉ siècle est en pleine ébullition scientifique et technologique. Les progrès sont rapides, spectaculaires, parfois époustouflants. Le public découvre, s’émerveille et en demande toujours davantage. Comme aujourd’hui, finalement.
Miguel Bonnefoy, avec humour et verve, m’a entraînée dans le parcours atypique, parfois presque rocambolesque, d’un scientifique dont l’invention n’a pas eu l’heur d’être retenue. Le soleil a été éclipsé par la frénésie charbonnière qui alimentait une industrialisation exponentielle. J’ai appris à apprécier Augustin Mouchot, cet homme qui sait ce que lutter signifie et qui est, à sa manière, un véritable survivant. Derrière l’humour de l’auteur se dissimule une réelle tendresse pour cet homme tombé dans l’oubli. Augustin est décrit comme un être dont le corps semble avoir toujours été plus vieux que son âge. « À six mois, il est déjà épuisé de vivre à quinze ans il avait déjà toutes les manies des vieux, à vingt ans il en paraissait quarante ». Il y a quelque chose de profondément touchant chez cet homme, cette machine à pensées bouillonnantes enfermée dans un corps complètement ravagé.
Au fil de cette lecture, une question n’a cessé de me poursuivre: et si Octave avait remporté l’adhésion des foules et des décideurs ? Quel aurait été le visage de notre Révolution industrielle ? Les paysages auraient-ils été différents ? La société aurait-elle évolué autrement ? Les villes auraient-elles connu le même destin sous la suie et les fumées des usines ? Les mines auraient-elles englouti autant de vies et brisé autant de corps ? Un Zola se serait-il emparé de cette révolution solaire et de ses conséquences sur le quotidien des hommes et des femmes ? Jules Verne aurait-il imaginé des machines fonctionnant grâce à l’énergie du soleil ?
Bien entendu, ces questions resteront sans réponse. Je ne peux que tenter d’imaginer un monde différent, un monde sans la suie du charbon, sans ses fumées, sans ses mines broyeuses de vies et de droits. Un monde qui aurait peut-être choisi une autre voie.
« L’inventeur » a été pour moi une lecture quelque peu étrange. Les premières pages m’ont demandé un certain effort et la lecture s’est révélée, au départ, assez laborieuse. Puis, peu à peu, je me suis laissée entraîner aux côtés d’Augustin Mouchot. Et je l’ai suivi jusqu’au bout. J’ai éprouvé pour lui une profonde empathie, tant cet homme a dû lutter contre la maladie, l’indifférence, les échecs et l’oubli. Augustin Mouchot avance malgré tout, inlassablement, porté par ses idées et par sa conviction que le soleil peut devenir une force au service de l’humanité. Miguel Bonnefoy redonne ainsi vie à un inventeur oublié et, avec lui, à une possibilité abandonnée de notre histoire.
Une lecture qui interroge autant qu’elle raconte, et qui laisse flotter dans l’esprit cette question : Et si, finalement, Augustin Mouchot avait eu raison trop tôt ?
« Francfort, au début des années 1960. Eva Bruhns est une jeune femme sans histoire : interprète du polonais, elle est requise pour traduire les dépositions de témoins au second procès d’Auschwitz qui vient de s’ouvrir afin de traduire en justice les crimes de dignitaires nazis. Si elle voit d’abord dans ce travail l’occasion de conquérir une autonomie financière inédite, les révélations auxquelles le procès la confronte ne tardent pas à la bouleverser… »
Le décor est planté. Nous sommes en Allemagne, au début des années 1960, dans une République fédérale qui tente de se reconstruire et de regarder vers l’avenir, tandis qu’un passé encore brûlant demeure soigneusement enfoui. L’Allemagne est désormais divisée en deux, Est et Ouest, et les années passent. Pourtant, la guerre et ses atrocités ne sont jamais bien loin.
Après les grands procès de Nuremberg, à la lumière desquels l’horreur nazie a éclaté au grand jour, Francfort accueille un autre procès d’une importance capitale : celui-ci n’est pas orchestré par les vainqueurs de 1945, mais par la République fédérale d’Allemagne elle-même. Il s’agit de juger des hommes ayant participé aux crimes commis à Auschwitz.
C’est dans ce contexte qu’Eva Bruhns est appelée à traduire les témoignages des survivants polonais. Pour cette jeune femme naïve et romantique, qui voit encore la beauté du monde et croit en son avenir, cette mission représente d’abord une formidable occasion de mettre ses compétences en valeur et de conquérir une indépendance financière. Elle espère ainsi échapper, au moins en partie, au quotidien familial du restaurant tenu par ses parents.
Sa décision n’est pourtant pas accueillie favorablement. Ses parents s’opposent à ce travail, tout comme son fiancé, Jürgen, jeune homme aisé qui travaille dans l’entreprise de son père. Un père aux méthodes de management plutôt éloignées du capitalisme triomphant, puisqu’il a lui-même connu l’enfer sous le régime nazi en raison de ses idées politiques. Eva tient bon.
Au fil des séances préparatoires puis des auditions, quelque chose se fissure pourtant en elle. Des souvenirs d’enfance, longtemps enfouis, remontent à la surface : un jardin entouré d’un haut mur, une voisine, des journées qui s’étirent, un jardinier avec lequel elle discutait, qui lui apprenait le polonais et lui coupait les cheveux… Et puis ces étranges particules grises et fines qui, certains jours, semblaient flotter partout. Des images éparses qui se reconstituent peu à peu, comme les pièces d’un puzzle. Mais les parents d’Eva refusent de parler du passé.
Après la guerre et les procès de Nuremberg, survivants comme Allemands ont tenté de vivre avec l’horreur. Les uns avec le traumatisme des camps, les autres avec la culpabilité d’appartenir à un peuple qui avait perpétré le génocide. Il fallait oublier, avancer, reconstruire. Le silence semblait être la seule manière de continuer à vivre.
Eva, elle, se retrouve confrontée à ce passé dont elle n’est évidemment pas responsable, mais dont elle finit pourtant par ressentir la culpabilité. Elle refuse cependant de détourner les yeux et poursuit ses recherches jusqu’au bout. Elle découvrira alors que la maison de son enfance se trouvait à proximité d’un camp d’extermination, qu’elle l’ignorait lorsqu’elle était enfant, que l’accusé numéro quatre connaissait son père et que celui-ci avait travaillé dans le camp en tant que cuisinier. Les révélations sont terribles.
Tout comme l’attitude des accusés, glaçante de mépris et de morgue envers les juges comme envers les survivants venus témoigner. Aucun remords apparent, aucune véritable prise de conscience. Eva comprend alors que regarder le passé en face est indispensable, aussi douloureux cela soit-il.
Le procès devient ainsi, pour elle, bien davantage qu’une expérience professionnelle. Il participe à sa construction personnelle. Elle grandit, se libère des mensonges familiaux et conquiert peu à peu son indépendance. Son émancipation personnelle fait écho à celle de nombreuses femmes des années 1960, qui commencent à remettre en question les rôles que la société leur assigne.
Et puis il y a la sœur d’Eva, infirmière puéricultrice à l’hôpital, qui travaille essentiellement de nuit. Son histoire constitue presque un récit dans le récit. Elle souffre du syndrome de Münchhausen et provoque chez les nourrissons dont elle a la charge de graves douleurs abdominales avant de les soigner, afin d’être reconnue et aimée par leurs parents. Son stratagème finira par être découvert. Cette intrigue parallèle est particulièrement intéressante car elle permet à Annette Hess d’établir un parallèle discret avec l’époque nazie : mieux vaut ne rien voir, ne rien dire, ne pas poser de questions, si l’on veut continuer à vivre tranquillement.
Le silence comme moyen de survie. Le silence comme complicité. Le silence comme transmission involontaire du mal.
J’ai vraiment aimé ce roman, qui est le premier ouvrage romanesque de l’autrice. L’écriture est simple, peu sophistiquée peut-être, mais profondément juste, au plus près des personnages et de la population allemande de cette époque. Annette Hess possède surtout une véritable force d’évocation : partout où se trouve Eva, une ambiance, une atmosphère se crée. Les lieux deviennent presque palpables.
Eva est particulièrement touchante par son immense empathie, sa naïveté et sa capacité à se reconstruire malgré les révélations qui bouleversent son existence. Le procureur, dont le nom n’est jamais véritablement mis en avant, est lui aussi un personnage marquant : instigateur du procès de Francfort, il fait preuve d’une détermination sans faille dans son combat pour la justice et la mémoire.
« La maison allemande » est, finalement, un roman sur la nécessité de regarder l’histoire en face, même lorsque celle-ci est insoutenable. Il montre combien les souffrances, les horreurs vécues et celles perpétrées peuvent être indicibles, mais aussi combien le silence ne permet jamais véritablement de les faire disparaître.
Une très belle lecture, portée par une héroïne qui, en cherchant la vérité sur son passé, trouve aussi le courage de construire son avenir.
Le Projet photos de Ma nous invite, cette semaine, à illustrer le thème de « Eté ». L’été, cette saison fleurant bon les grandes vacances, le soleil, la chaleur et les bains de mer. Il y a un endroit qui nous tient particulièrement à coeur, Porz Guyon, avec son îlot sur lequel se dresse un grand pin majestueux. A marée basse, la mer se retire loin, laissant à découvert les parcs ostréicoles, le port et l’estuaire. L’endroit ne paie pas de mine, et tant mieux, ce qui fait qu’il y a peu de monde à profiter des bains de mer et de soleil. C’est une assurance-tranquillité inestimable: pas de paillote diffusant une musique tonitruante, pas de vacanciers avec enceinte connectée partageant, sans se demander si les voisins apprécient la playliste, pas de rires gras ni de déchets de pique-nique ou de goûter. Non …. rien que la chanson du vent et le cri des mouettes. Un paradis pour ceux qui apprécient le calme et l’absence de surtourisme.
D’autres « Eté » dans les commentaires, chez Ma: clic.